On a rallumé les étoiles, à Ludiver !

La récente éclipse de lune nous avait levées de bon matin et, sous nos regards émerveillés, l’astre avait piqué un fard dont la magie me saisit encore. Nous était apparue alors, dans toute sa splendeur, une voie lactée constellée d’étoiles frissonnantes. C’est qu’à Bréville-sur-Mer, où nous avons planté domicile depuis belle lurette, la pollution lumineuse est quasi nulle, nous offrant un observatoire de choix. Combien de soirs cette voûte illuminée, chargée de mystères et d’éternité, ne m’a happée, faisant écho aux textes d’Hubert Reeves, célèbre astrophysicien si pédagogue !

Quand le communiqué du planétarium Ludiver est tombé, l’intérêt grandissant de ma fille pour la chose céleste m’a convaincue de remonter la Manche jusqu’à Flottemanville-Hague ce vendredi soir du « Jour de la Nuit ». Seul site du département à fêter la nuit noire, Ludiver « rallumait les étoiles » pour cette opération nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse. Et dans ce Nord-Cotentin préservé de ce fléau grâce à la mer qui l’entoure, le ciel était dégagé, aubaine ! Retour sur cette plongée dans les trésors de l’obscurité.

Après une heure et demi de route, nous sommes accueillies par des sourires, dans un lieu calme et féérique, sans file d’attente. Et nous sommes gâtées ! Pour 3 € par personne, nous avons un full access, comprenant les deux expos du moment.

« Météorites, des trésors venus de l’espace » présente une collection exceptionnelle (Alain Carion). On peut toucher du bout du doigt un fragment d’astéroïde ou un morceau de lune, mais aussi admirer les cratères que les chutes de ciel ont creusés au fil des millénaires sur notre planète bleue (on en dénombre 160 !)… Aux murs, les toiles de l’artiste plasticienne Raf ajoutent à la beauté onirique de cet univers captivant, inquiétant, où nous, humains, sommes si dérisoires.

« Nuit » nous vient du Muséum national d’histoire naturelle. On y retrouve la scénographie poétique du musée parisien, en pénétrant dans une forêt aux occupants nocturnes en plein éveil… Des bornes interactives nous apprennent ce monde de la nuit qui s’active quand on s’endort. Fleurs parfumeuses, grenouilles agiles, chouettes et chauves-souris aux supers-pouvoirs… une biodiversité que l’excès de lumière fragilise d’année en année. Comme ces arbres des villes prisonniers de leurs feuilles sous les réverbères, ces oiseaux migrateurs désorientés par tant de faisceaux lumineux… Un écran tactile nous indique que désormais, les enseignes commerciales s’éteignent de minuit à 7h, et que bien d’autres économies d’énergie et de dégâts environnementaux restent à mettre en œuvre.

Dans l’espace muséographique, on découvre ensuite le système solaire. Saviez-vous que pour mémoriser ses planètes, il existe un moyen mnémotechnique simple ? « Me Voici Tout Mouillé, Je Suivais Un Nageur Pressé », pour « Mercure Vénus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune Pluton ». Un animateur nous montre quelques expériences sur la lumière, puis c’est le moment d’aller s’asseoir dans le planétarium – mon préféré. Un ciel de 7 000 étoiles s’allume au-dessus de nous. Nous voyageons de Cherbourg à l’hémisphère sud, localisons l’étoile polaire, les constellations familières de la Grande Ourse, Orion, Cassiopée… des étoiles, Véga, Altaïr… des géantes rouges… Nous apprenons à regret que les planètes ne sont pas visibles actuellement. Saturne, dont nous convoitions les anneaux, est déjà couchée, et pour observer Mars et Venus, il faut attendre 5h du matin, sans certitude…

Ce sera pour une autre fois, mais le télescope de 600 mm nous offre tout de même un joli rendez-vous avec Dame Nature. Dans le viseur de ce mastodonte relié à un logiciel qui suit les « objets », on verra un amas stellaire – broderie féérique de 10 000 étoiles -, et une naine blanche – dont l’explosion gazeuse ressemble à une bulle de savon… Les discussions vont bon train, formant un écho irréel sous le dôme étroit où tout résonne. Où se trouve la vie dans tout ça ? D’innombrables systèmes solaires dansent au-dessus de nous. Des sources de lumière dont des milliards d’années nous séparent… de quoi rêver encore longtemps !

PicMonkey Collage

** Sandra, Fan de la Manche **

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